…paroles d’acteurs


Marguerite Carlo

Chef de projet pour l’installation de l’agence de publicité BETC à Pantin

BETC est une agence de publicité qui compte 850 salariés. Cette filiale du groupe Havas a décidé de s’installer dans les anciens Magasins Généraux, à Pantin, en juillet prochain, dans un territoire « qui bouillonne d’acteurs culturels ». Entretien avec Marguerite Carlo en charge de ce projet.

« L’agence, dont le métier est d’accompagner les marques dans leur développement international -entreprises classiques, grandes institutions culturelles, mais aussi grandes causes comme Médecins du monde, Human Rights Watch- porte un certain nombre de valeurs et tout particulièrement « être » avec les gens et les rassembler. »

Le projet de s’installer à Pantin remonte à 2008, quand Rémi Babinet (co-créateur de l’agence et actuel co-PDG), a découvert cette friche complétement taguée sur le bord du canal. Il a eu un coup de cœur pour ce bâtiment au passé industriel, qui vivait une deuxième vie, artistique, comme terrain de jeu des grapheurs du monde entier. »

« L’agence a toujours eu une histoire avec les lieux : créée à Levallois, dans l’Ouest parisien, où tous les clients et la majorité des concurrents s’installaient, elle s’est déplacée, en 2000, dans le 10 e arrondissement, vers la gare de l’Est, quartier populaire, mixte, commerçant… Il y avait là une volonté de s’imprégner de ce qui se passait vraiment dans la vie, dans la rue…

Aujourd’hui, c’est tout aussi naturel de repasser le périphérique, parce qu’on s’installe dans un quartier en plein développement, un vrai terrain pour l’expérimentation… On en est convaincu : le Paris de demain va se passer ici, loin du Paris « Musée », un Paris jeune, dynamique et innovant. C’est prendre part ainsi, à notre échelle, au développement de ce territoire, au projet global touchant les collectivités, les habitants et les acteurs locaux. »

Quelles sont vos relations avec le Relais ?

« Dans notre logique de rencontrer les acteurs qui font le territoire, nous avons découvert le Relais, un restaurant d’insertion, hyperactif, qui aide les gens autour… On a eu envie d’aller voir : c’est super beau, il y a une salle derrière, or on a besoin de temps en temps d’être à Pantin, pour imaginer, faire des projections, c’est plus facile sur les lieux. Nous avons organisé des séminaires et plusieurs réunions du groupe de projet au Relais… L’accueil a été agréable, donc on est revenu pour d’autres réunions. Cela permettait aussi de rencontrer nos « voisins » de voir comment faire des choses ensemble. »

« On parle du Relais dans le « Guide du bâtiment », réalisé pour s’orienter à l’intérieur de nos nouveaux locaux, et à la fin duquel un index présente les acteurs de proximité et notamment les restaurants. Le Relais figurera également dans le « City Guide » spécial Paris/Pantin que BETC réalise à l’occasion de son installation. »

Comment allez-vous prendre part au développement de ce territoire ?

« Notre cœur de métier va persister car BETC « c’est aussi une agence de publicité ». Mais nous avons déjà, ici, mis en place des actions en parallèle : musique, soirées, expositions, défilés…. Par ailleurs, cela fait 8 ans que des jardins partagés sont gérés par l’agence, laquelle produit aussi son propre miel, des ruches ayant été installées depuis très longtemps dans un jardin sur le toit. Un projet que nous développerons également sur les toits des Magasins Généraux.

A Pantin, cette même logique prévaut, mais en plus ambitieux. Tous les rez-de-chaussée seront ouverts, le passage entre les deux bâtiments sera entièrement traversant, ouvert au public, matérialisé par les mêmes pavés que la rue, pour que le public s’autorise à entrer… Auparavant, nous avons contacté des commerçants pour qu’ils soient en accord avec ce que l’on veut faire de ce lieu.

Il y aura deux types d’activités : d’un côté, l’équipe de la Bellevilloise proposera une programmation culturelle et un lieu de débats ; de l’autre, Augustin Legrand, monte Le Pantin, une halle de produits bios pas chers. Restent encore 800 m² à aménager au rez-de-chaussée pour en faire un endroit complètement accessible à tous, avec en projet, un accueil/café, ouvert au public… »

« Au-dessus, nous aurons un studio d’enregistrement de radio, où l’on mettra en ligne des podcasts d’interviews réalisées auprès de Pantinois. Il sera également possible, pour les acteurs du territoire, de louer à un prix raisonnable un studio photo de 300 m². Dans les étages, des plateaux sont encore disponibles pour faire venir d’autres acteurs qui participeront au rayonnement des Magasins Généraux sur le territoire et au-delà, pour le Grand Paris. Notre volonté est de mettre en place un pôle de création : on se nourrit de ce qui se passe sur le territoire et les acteurs de ce territoire peuvent, à l’inverse, en profiter. »

Quels sont plus précisément vos partenariats locaux ?

« Depuis 3 ans que le projet est devenu concret, notre équipe travaille main dans la main avec la Mairie de Pantin et Est Ensemble… Elle va à la rencontre de tous les acteurs du territoire pour créer un véritable maillage entre les projets des uns et des autres et y participe concrètement. BETC a également réalisé des études de positionnement pour Est Ensemble notamment. »

Comment les salariés de l’agence vont ils se restaurer ?

« On a créé un restaurant d’entreprise dans nos locaux où il y aura en majorité des produits bios ou de l’agriculture raisonnée ; une chef, Delphine Suarez, va composer chaque jour deux menus et inviter chaque semaine un chef différent, jeune ou plus confirmé, à composer un menu… Cela sera aussi une sorte de résidence de chefs, avec cuisine ouverte pour qu’ils puissent venir y essayer une nouvelle recette. L’entreprise financera une partie des repas : ce sera donc moins cher pour les salariés, qui fréquenteront sans doute majoritairement ce restaurant.

En revanche, comme partout, certains vont aller, de temps en temps, à l’extérieur, pour se faire plaisir, déjeuner tranquille, voir d’autres têtes… Quant à boire un verre entre collègues après le travail ou rester pour un dîner spectacle, on a du mal à savoir si les salariés ayant 20 minutes de trajet en plus, resteront sur place ou partiront tout de suite… »

pour Vuitton qui édite ces prestigieux « City Guides » des grandes villes du monde entier. »